Le CIRC s’interroge et s’offusque.
dimanche 18 mars 2007, par
Le figaro nous informe de la préparation "dans la plus grande confidentialité" de la généralisation des tests salivaires en matière de stupéfiants. La chasse au fumeur s’organise, car encore une fois sous le prétexte des mots drogues et stupéfiants, on vise le cannabis. En effet, il n’y a que le cannabis que l’on puisse retrouver au delà de très courtes heures après usage. Ainsi, le test devient un test d’usage.
Fumeurs cachez-vous !
Le gouvernement veut vous exclure un peu plus, vous enfermer chez vous et vous faire taire (ah, s’ils le pouvaient...)
Le cannabis bien que rapidement assimilé se retrouve très longtemps dans l’organisme sous forme de métabolites de dégradation. Cette présence très longue s’explique par sa très forte affinité pour les graisses et son élimination lente. Par le fait, un test visant à vérifier la présence de ces mêmes métabolites n’est pas un test d’ébriété tel l’alcotest, mais un test d’usage à long terme plaçant des millions de français dans la position de criminels routiers en puissance.
La mise en place et la généralisation d’un test répondant à ces critères irait lui-même à l’encontre de la loi qui sert à le justifier, en l’occurrence, une loi visant à réprimer la conduite sous influence de produits stupéfiants.
Cette loi, à l’instar de l’ensemble du système prohibitionniste vise à désocialiser l’usager de fleur de chanvre en lui faisant craindre l’utilisation même de son véhicule, des jours voire des semaines après le moindre usage.
De plus, elle met en avant un certain nombre de problèmes :
* l’inutilité en matière de sécurité routière, mis à part son aggravation par l’augmentation directement associée des conduites sans permis
* l’absence de seuil de positivité, entrainant des soi-disant conduites sous influence des jours voire des semaines après usage
* le nombre de faux positifs et de faux négatifs
* le coût et l’enrichissement (sur le dos de tous les français) de quelques industriels fabricants de ces tests pour lesquels ont été édictées ces mesures
* ...
Soyons raisonnables.
Le cannabis, tel que l’a démontré l’étude "accablante" du SAM compare le facteur accidentogène associé au cannabis à celui de l’alcool et nous démontre que le plus fort effet cannabique au volant est comparable à une consommation légale d’alcool, c’est-à-dire inférieure à 0,5g.
Une flopée d’autres études dans de multiples pays nous démontre qu’une faible consommation de cannabis augmente même les performances de conduite et qu’au pire, elle est toujours inférieure dans ces effets sur la conduite, à ceux d’une femme enceinte soumise à ses dérèglements hormonaux, sans parler de la conduite sous médicaments (drogues dures légales), en état de fatigue, d’âge avancé ou de tout autre paramètre "perturbateur" pour la conduite.
C’est la raison qu’il faut mettre en avant. C’est le conducteur qu’il faut éduquer et pas le fumeur sur qui il faut taper !
Florent COMPAIN
CIRC Nord-est
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